Le vin italien se produit dans chacune des vingt régions administratives de la péninsule, des Alpes aux îles méditerranéennes. Aucun autre pays ne cultive autant de cépages autochtones, et la classification en DOCG, DOC et IGT encadre ce patrimoine depuis 1963.
Une viticulture antique, morcelée par l'histoire
Les colons grecs installés en Italie du Sud au VIIIe siècle avant notre ère appelaient la région Œnotrie, terre de la vigne conduite sur échalas. Les Étrusques cultivaient déjà la vigne en Toscane et dans le Latium, puis Rome diffuse la viticulture dans tout son empire. Après la chute de l'Empire, le morcellement politique de la péninsule jusqu'à l'unité de 1861 a favorisé des traditions locales très diverses, chacune attachée à ses cépages.
Certaines délimitations sont anciennes. En 1716, un édit du grand-duc de Toscane fixe les limites de quatre zones de production, dont le Chianti, ce qui en fait l'une des premières délimitations viticoles d'Europe. Au XIXe siècle, le Piémont modernise ses vins de nebbiolo sous l'influence des techniques françaises.
La pyramide des appellations
La loi de 1963 crée les dénominations d'origine contrôlée (DOC). La mention DOCG, d'origine contrôlée et garantie, apparaît en 1980 pour les premiers vins concernés, parmi lesquels le Barolo, le Brunello di Montalcino et le Vino Nobile di Montepulciano. L'IGT, indication géographique typique, est créée en 1992 pour accueillir des vins de région plus libres dans leurs cépages. Ces mentions traditionnelles coexistent avec les catégories européennes DOP et IGP, dont elles relèvent juridiquement.
| Mention | Catégorie européenne | Principe |
|---|---|---|
| DOCG | DOP | Cahier des charges strict, dégustation d'agrément, bande fiscale numérotée sur le col |
| DOC | DOP | Zone délimitée, cépages, rendements et méthodes fixés |
| IGT | IGP | Origine régionale, plus grande liberté d'encépagement |
| Vino | Vin sans indication géographique | Ni zone ni millésime garantis |
Du nord au sud, quelques grands ensembles
Au nord-ouest, le Piémont s'organise autour du nebbiolo, cépage tardif et tannique des collines des Langhe et du Roero, et de la barbera, plus acide et plus répandue. Le moscato blanc d'Asti, le dolcetto et l'arneis complètent la palette. Le Val d'Aoste et la Valteline cultivent la vigne en terrasses alpines.
Au nord-est, la Vénétie produit les vins de Valpolicella, dont l'amarone, obtenu à partir de raisins mis à sécher plusieurs mois, et le prosecco, issu du cépage glera. Le Frioul et le Haut-Adige sont réputés pour leurs blancs. Le centre est le domaine du sangiovese, en Toscane, en Ombrie et en Romagne ; la fiche sangiovese, le cépage du Chianti lui est consacrée. La côte toscane de Bolgheri a, quant à elle, adopté les cépages bordelais dans la seconde moitié du XXe siècle.
Au sud, l'aglianico donne des rouges tanniques en Campanie et en Basilicate, le primitivo et le negroamaro dominent les Pouilles. La Sicile, longtemps vouée aux vins de coupage et au marsala, valorise désormais le nero d'Avola et les vignes de l'Etna, plantées sur des sols volcaniques jusqu'à des altitudes élevées. La Sardaigne cultive le cannonau, nom local du grenache.
Une collection vivante de cépages
Le registre national des variétés de vigne italien recense plusieurs centaines de cépages autorisés, nombre sans équivalent en Europe. Beaucoup sont cantonnés à une seule vallée, comme le lagrein dans le Haut-Adige, le sagrantino en Ombrie ou le pecorino dans les Marches. Ce patrimoine génétique intéresse la recherche face au réchauffement climatique, car certaines variétés méridionales mûrissent tardivement et conservent leur acidité.
La conduite de la vigne témoigne aussi de cette diversité. Les pergolas, hautes treilles horizontales, restent répandues dans le Trentin et en Vénétie ; l'alberello, gobelet bas sans palissage hérité des Grecs, domine dans le Sud et les îles ; la taille Guyot, d'origine française, s'est imposée dans la plupart des plantations modernes. L'Italie figure, avec la France et l'Espagne, parmi les trois premiers producteurs mondiaux, et occupe souvent le premier rang en volume selon les années.
L'Italie est souvent comparée à l'Espagne viticole pour la diversité de ses terroirs, mais son morcellement en microappellations reste unique. La rubrique vignobles d'Europe la situe parmi les autres pays du continent.
Sources : loi italienne de 1963 sur les dénominations d'origine et décret législatif de 2010 ; Registro nazionale delle varietà di vite (ministère italien de l'Agriculture) ; règlement (UE) n° 1308/2013 sur les AOP et IGP ; histoire de l'édit toscan de 1716.